Dialogue interreligieux : Tribune libre de Denis Parest

Publié le 22 octobre 2011 dans Actualités, Politique, Tribune libre

Dialogue interreligieux : Tribune libre de Denis Parest

Lundi 24 octobre à 18 heures, les bordelais sont appelés à se réunir devant l’Ecole Nationale de la Magistrature pour promouvoir la paix entre les religions. Ce rassemblement est à l’initiative des communautés juive, musulmane et chrétienne.

Le lecteur d’Infos Bordeaux n’est sans doute pas habitué à lire ce genre d’appel dans nos colonnes. Qu’il se rassure, votre serviteur va maintenant écrire ce qu’il en pense.

D’abord, qu’il exècre tout particulièrement les manifestations publiques contre la misère, le malheur, la violence, la haine ou le mauvais temps. Cela fait un bout de temps que l’homme occidental a compris que les rondes incantatoires autour d’un feu ne servaient à rien, il est navrant de constater que l’homme post-occidental exécute encore ce genre de danse de la pluie pour conjurer le Mal™.

Ensuite, que les justifications avancées révèlent, chez les organisateurs, un niveau intellectuel assez proche de celui du gastéropode (et encore, pas le plus évolué). L’un des (toussons un coup, mettons des gants et ouvrons des guillemets) « responsables du dialogue entre catholiques et musulmans dans le diocèse de Bordeaux » explique que  » les trois religions cherchent la paix et si elles sont souvent utilisées pour justifier la guerre ou le combat, quand elles sont fidèles à leurs racines, elles parlent d’abord de paix ». Belle pétition de principe de quelqu’un qui paraît n’avoir des religions qu’une notion puisée dans les trois dernières années de Golias, qu’il lit assidûment entre deux albums des Bisounours.

Enfin, il serait dommage de parler de religion sans parler latin. Et les anciens avaient un bel usage, s’agissant de « paix » : si vis pacem, para bellum. Ce qui ne signifie pas que la paix passe, paradoxalement, par un état de guerre permanent, mais plutôt qu’il convient, avant de se penser en paix, d’envisager les adversités éventuelles et s’en prémunir le cas échéant. Et l’histoire, même récente, a donné raison, s’il en était besoin, à la sagesse ancienne. Que l’on se réfère aux travaux de l’historien israélien Simon Epstein sur la collaboration en France dans les années 40 : les collaborateurs de l’ennemi nazi étaient avant tout, non pas les conservateurs, non pas les antisémites, mais ceux qui refusaient la guerre, les pacifistes. Le résultat aurait été rigoureusement le même, que l’envahisseur soit allemand, américain ou soviétique. Et le futur trouble qui s’annonce, risque une fois de plus de ne pas donner tort aux sages, une dernière fois avant que ceux-ci ne soient définitivement effacés de la mémoire de l’humanité.

L’Eglise de France a été un élément central et essentiel de notre civilisation. Ce qu’il reste de l’Eglise-qui-est-en-France, pour paraphraser feu Serge de Beketch, ressemble de plus en plus à un poison lent, qui paralyse les membres, détruit les défenses immunitaires et condamne ce qui reste d’occidental à une mort certaine. Et ce n’est certes pas l’Etat, ce cancer bureaucratique hypertrophié, qui sacrifie la nation au profit de sa propre survie, qui enrayera le mouvement.

La question est simplement de savoir si nous mourrons occidentaux, ou si l’occident mourra avec nous.

C’est on ne peut plus simple.

Addendum: Photo de l’évènement avec Mgr Ricard, le rabbin Nacache et Tareq Oubrou


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