Tribune Libre de Denis Parest : Mariage homosexuel : une voix discordante

Publié le 25 octobre 2012 dans Actualités, Politique, Spécial "mariage" homosexuel, Tribune libre

Tribune Libre de Denis Parest : Mariage homosexuel : une voix discordante

Savait-il qu’en promettant d’élargir le mariage aux couples homosexuels, le  candidat Hollande allait mettre en émoi tant de français ? Non seulement les groupements religieux, mais tous ceux qui, ne ressentant en leur for intérieur aucun sentiment particulièrement homophobe, sentaient qu’il y avait quelque chose d’étrange à voir l’Etat, désormais aux mains des socialistes, bouleverser de la sorte la cellule familiale, composante basique et immémoriale de nos sociétés occidentales.

A l’ordre du jour : égalité, non discrimination. Deux thèmes usés jusqu’à la corde, prétexte d’à peu près tout et n’importe quoi. Avec parfois une pointe acidulée, lorsqu’il s’agit de vouer aux gémonies les opposants : condamnation de l’homophobie, comme certains peuvent hurler au racisme dès qu’on s’oppose au droit de vote des étrangers, ou au sexisme lorsque l’on soutient qu’une femme et un homme ne sont pas en tous points similaires.

Le discours est rodé, et cela n’aurait dû tromper personne. Mais la naïveté sévit encore. Si les opposants au mariage homosexuel croient pouvoir influer sur les choix politiques, ils se trompent lourdement. Incriminer les lobbies, c’est se tromper de cible. Car s’il existe bien un lobby homosexuel, et s’il n’est sans doute pas pour rien dans les projets gouvernementaux, c’est bien avant que le ver est entré dans le fruit.

Et pourtant, chacun devrait aujourd’hui comprendre que l’Etat n’est pas la Nation. Que la volonté des décideurs du moment n’est pas celle de la société, et que leurs projets de société ne sont que rarement les projets de la société. Que la légitimité d’un Etat ne repose que sur un ordre juridique abstrait, un pouvoir de contrainte par les armes et (surtout) la passivité du plus grand nombre. Et qu’enfin, et par voie de conséquence, nous n’avons pas à nous sentir concernés par les décisions de l’Etat, à moins qu’elles ne nous contraignent physiquement (auquel cas c’est la résistance qui s’imposera, et non l’obéissance passive). Manifester ne sert qu’à se complaire dans l’illusion que l’on pèse sur ce que l’on dénonce, et à conforter ses adversaires dans leur fantasme qu’ils luttent contre des hommes hostiles – et non contre la réalité.

Sacrement depuis les premiers siècles, entouré depuis la plus lointaine antiquité d’une mystique surnaturelle, le mariage a été corrompu par la république depuis que celle-ci, en 1792, l’a rétrogradé au rang de simple acte juridique civil. Du jour au lendemain, le mariage perdait sa vocation initiale (celle de la base de la société, constituée par un serment irrévocable) pour devenir ni plus ni moins qu’un contrat, doté d’un régime juridique particulier, modifiable et résiliable. De manière symétrique, l’Etat, en confisquant à l’Eglise une partie de son pouvoir moral, le sécularisait, sans se fixer les limites que l’Eglise, soumise à Dieu, devait respecter.

Pourtant, ce n’est pas le mariage homosexuel qui est en cause aujourd’hui. C’est le mariage civil, et avec lui ce nouvel Etat absolutiste qui a phagocyté la société, et qui prétend calquer les valeurs de la société sur les idéaux des rédacteurs des lois.

Disons-le clairement : plutôt que de manifester contre ce qui est voté par une élite aussi sourde que stupide, aussi aveugle que lâche, mieux vaut s’en moquer. Non pas vivre en ermite en se coupant du monde, mais en déniant à l’Etat tout pouvoir sur soi. Non pas s’isoler, mais l’isoler. Considérer le mariage civil comme ce qu’il est : une formalité administrative, une déclaration d’impôt, un PV de stationnement. Accomplir la formalité sans respecter l’institution. Que cette ignorance soit individuelle ou collective, elle exprimera enfin le suprème dédain d’un peuple envers un souverain aussi absolutiste qu’impuissant.

Tribune libre de Denis Parest pour Infos Bordeaux

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Les réactions sont terminées

  • claude Vranais
    26 octobre 2012 à 07:40 |

    oui cette affaire de mariage bidon, le mariage c’est l’union légale d’un homme et d’une femme je ne reviens pas dessus m’étant deja exprimé sur ce sujet….mais quel cache réalités pour ces petits Français qui savent qu’en descendant dans la rue pour manifesté, sachant qu’ils ne risquent rien ni du coté des Homos qui sone en général des gens bien élevés ni des forces de l’ordre qui sont représentés par la réserve de la réserve avec la fleur au fusil!!!!et cela leur évite de manifester contre la vraie menacequi plane sur notre pays et sur le monde: l’islam…60/100 des Français en sont conscients (sondage ifop) mais ils attendnt que les représentants de cette religion d’amour et de paix viennent les égorgés comme les moutons de l’Aid!!!

  • BOUBERT
    26 octobre 2012 à 10:50 |

    je pense qu’il ne faut pas s’en prendre à l’Islam, certes ce n’est pas ma religion mais nous devons nous respecter. Notre religion est une religion d’amour et non de haine.
    Ce qui est condamnable c’est l’extrémisme, les islamistes qui n’ont rien compris à leur religion et qui se laisse entraîner par des discours de haine.
    Concernant le mariage des gens de mêmes sexes, cela nécessite tellement de modification du code civil que le dossier ne va pas passer demain. Pour autant nous devons affirmer que l’enfant n’est pas un droit. Il devrait naître de l’amour d’un homme et d’une femme.
    Or, les homo ne pouvant avoir d’enfants vont recourir au service d’une femme ou d’un homme qui un jour auront des droits sur l’enfant qui portant les gènes des géniteurs seront en droit de demander des comptes. Et que dire de l’enfant qui est toujours oublié sur la table de la jouissance permissive, du plaisir sans retenue et surtout sans amour. C’est un objet que l’on jettera lorsqu’il sera gênant!

    Pauvre France, notre pays, que l’on aime et dont certains veulent le mettre à genoux et lui enlever son histoire, est en bien mauvaise position.