Tribune libre de Denis Parest : « 14 juillet 2016 – une page se tourne »

Publié le 15 juillet 2016 dans Actualités, Tribune libre

Tribune libre de Denis Parest : « 14 juillet 2016 – une page se tourne »

On se gardera bien de revenir sur des faits bien trop récents pour avoir été sérieusement analysés, et bien trop commentés pour avoir été expurgés de tous les ajouts auxquels les personnes autorisées auront procédé selon leur sensibilité. On se gardera également, et l’exercice est délicat, de s’approprier les cadavres encore chauds de l’attentat de Nice. Les victimes et leurs proches méritent un respect silencieux, pas des condoléances sur internet aussi bruyantes qu’artificielles.

Il n’empêche. La république est sensible aux symboles (beaucoup plus qu’aux réalités), et une attaque menée le jour de sa fête nationale en est un, et des plus forts. En agissant le jour où l’on célèbre l’union nationale, la réconciliation de tous les français quelles que soient leur condition ou leur naissance, le terroriste a envoyé un message fort au pays.

Franco-tunisien par l’étrange pratique des doubles nationalités (comme si l’on pouvait avoir deux pères et deux mères – l’image n’est peut-être pas bien choisie), connu de la justice pour des faits de délinquance de droit commun, mais nullement signalé comme islamiste, l’auteur de cet acte, au-delà des assassinats monstrueux, adresse à la nation française un message clair : « cette union nationale, cette réconciliation, je n’en veux pas ; je suis votre ennemi, que vous le vouliez ou non ; et à votre main tendue, je réponds par des meurtres ».

Bien entendu, la première réaction du pouvoir politique a été celle d’une récupération, et de la prolongation pour trois mois de l’état d’urgence – dont seuls les naïfs pensaient qu’il s’achèverait sous quelques semaines. Mais, alors que cette mesure d’exception aurait dû permettre, depuis novembre 2015, de frapper fort et de repérer en quelques semaines les individus dangereux, elle n’a porté à peu près aucun résultat concret. Il fallait donc prolonger ce qui n’est qu’une tyrannie à peine voilée, sous peine de perdre la face définitivement.

Car disons-le clairement : l’Etat, au bord de la faillite (déficit record, dette publique supérieure au PIB, situation sociale catastrophique, pouvoir aux mains d’une oligarchie hors sol) n’a plus d’autre solution pour se maintenir que de s’appuyer sur ce conflit, grimé en guerre de civilisation, mais qui n’est que le résultat de ses propres choix. Le résultat de quarante ans de giscardo-mitterando-chiraco-sarko-hollandisme. Le règne d’un laxisme généralisé, qui, n’offrant à des enfants d’immigrés surnuméraires que le spectacle d’une société ramollie et sans fierté et la perspective d’un futur de petit fonctionnaire sans relief, a forgé une génération de révoltés violents, à laquelle la politique étrangère a donné sur un plateau une justification à sa révolte – l’islamisme.

Mais le laxisme criminel qui, sous ce règne nauséabond, a laissé naître et prospérer ceux qui aujourd’hui se déclarent nos ennemis, n’a pas été aussi clément avec ceux qui le dénonçaient. Et, si l’islamo-racaille était relativement sereine, ceux qui dénonçaient les responsables étaient en butte à tous les tracas, judiciaires, administratifs, politiques ; ils subissaient toutes les manipulations, tous les mensonges du pouvoir et de la presse. Et quelques jours avant la tragédie du 14 juillet, on nous annonçait encore que l’extrême-droite était dans le collimateur des services de renseignement. Bref, cette situation chaotique et dramatique ne fait malheureusement que commencer.

Tribune libre de Denis Parest pour Infos-Bordeaux

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Les réactions sont terminées

  • maury
    15 juillet 2016 à 22:14 |

    Pendant qu’on nous répète à longueur d’antenne que cet assassin n’avait pas d’antécédents islamiste mais était »seulement » un voyou; ceux qui sont censés nous protéger n’ont pas cherché plus loin !les laxistes à tous les niveaux n’ont rien appris des attentats qui ont fait tant de victimes innocentes :
    Bouhlel, le djihadiste de l’attentat de Nice, serait le fils d’un islamiste tunisien
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    15/07/2016 – NICE (NOVOpress) : Mohamed Lahouaiej Bouhlel, le djihadiste de l’attentat de Nice, est originaire de la ville tunisienne de Mseken, dans le Sahel. Selon des sources policières en Tunisie évoquées par Tunisie Secret, cet individu de 31 ans serait issu d’une famille islamiste :

    « Son père est membre du parti islamiste Ennahda et il est connu à Mseken comme étant un extrémiste violent que la police de Ben Ali surveillait de près […]. Le criminel de Nice ne s’est donc pas improvisé terroriste, mais il est né et a baigné dans un milieu familial favorable à la violence et au radicalisme. »

    • Bernadette
      16 juillet 2016 à 19:12 |

      C’est fou comme les médias s’évertuent à passer cela sous silence. J’ai vu le père s’exprimer et répéter que son fils est dépressif etc. On nous manipule tellement que ce soit avec les images ou les reportages que c’en est grotesque.
      Un peu comme l’omerta sur les émeutes urbaines partout en France depuis quelques jours, la police caillassée, des dizaines et des dizaines de voitures brulées. La liste est tellement longue et pas un mot de tout cela à la tv. TOUT VA BIEN!

    • patricia
      18 juillet 2016 à 14:00 |

      Evidemment, on nous endort…. Les médias ont l’ audace de nous montrer le père de cet assassin quelques heures après cette tragédie…D’ ailleurs ,tous ces assassins sont tous gentils,gentils.
      Tout est lié ,porter l’ autre au pinacle et les Français doivent s’ adapter….Supprimer le grec et le latin ,berçeau de notre culture et mettre en place dès le CP des cours de langue arabe. Complicité active .

  • PETRINI
    16 juillet 2016 à 10:43 |

    Le mal profond qui ronge la France c’est cette élection présidentielle qui permet à un politicien médiocre, voire en dessous de tout, de capter à son profit et à celui d’une minorité tous les pouvoirs de la République. Cette dyarchie à la tête de l’Etat est totalement archaïque et ne permet aucune réforme de ce pays qui ,année après année s’enfonce dans le déclin.