Le Conseil d’État ordonne de lever l’interdiction de réunion dans les lieux de culte

Publié le 19 mai 2020 dans Actualités, Politique

Le Conseil d’État ordonne de lever l’interdiction de réunion dans les lieux de culte

Le Conseil d’État a ordonné ce lundi au gouvernement de lever l’interdiction « générale et absolue » de réunion dans les lieux de culte, mis en place dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire.

« Il est enjoint au Premier ministre de modifier, dans un délai de huit jours à compter de la présente ordonnance (…) les disposition (…) du décret (…) du 11 mai 2020, en prenant les mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires encourus et appropriées aux circonstances de temps et de lieu applicables en ce début de ‘‘déconfinement’’ pour encadrer les rassemblements et réunions dans les établissements de culte. » L’article 3 de l’ordonnance du 18 mai 2020 du Conseil d’État constitue un camouflet pour le premier ministre Édouard Philippe. La Haute juridiction rappelle que la liberté de culte présentant le caractère d’une liberté fondamentale, elle comporte, « parmi ses composantes essentielles », le droit de participer à des cérémonies, en particulier dans les lieux de culte.

Saisie en référé par plusieurs associations et requérants individuels, la plus haute juridiction administrative a estimé dans une ordonnance que cette interdiction porte « une atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte et sommé le gouvernement de la lever « dans un délai de huit jours ».

Pour Thierry Breton, qui signe régulièrement des Tribunes libres sur Infos Bordeaux, « l’affront ne vise pas uniquement le pouvoir exécutif. Il atteint également les évêques de France ».

« Cette victoire de la liberté du culte ne leur doit rien. Dans cette affaire, ils n’ont pas été frileux. Ils ont été inexistants. Parmi les requérants, de simples particuliers, l’association catholique Civitas, le parti chrétien démocrate de Jean-Frédéric Poisson, les communautés traditionalistes (Fraternité Saint-Pierre, Institut du Bon Pasteur, Institut du Christ-Roi…), l’AGRIF de Bernard Antony et la Fraternité Saint Pie X. Mais point d’évêques. De même qu’ils sont incapables, malgré leur association « Croyance et liberté » d’agir en justice en cas d’atteinte à la Foi – profanation de cimetières et d’églises, propos haineux envers les catholiques – laissant toujours l’AGRIF monter seule au créneau, il leur est impossible de défendre la messe. La Conférence des Évêques de France a démontré à tous les catholiques qu’elle n’est qu’une assemblée inutile et inefficace ».

Concrètement, cette décision signifie, pour les fidèles catholiques, que les messes publiques pourront désormais reprendre, très certainement avant le dimanche de Pentecôte, qui tombe le 31 mai.

Ces communautés traditionalistes qui avaient saisi le Conseil d’État sont particulièrement bien implantées dans la capitale gironde et possèdent y plusieurs paroisses. La Fraternité Saint-Pierre est très active à Saint Bruno et réunit tous les dimanches près de 700 fidèles. L’Institut du Bon Pasteur est présent en plein centre-ville de Bordeaux, avec l’église Saint Éloi. Enfin, la Fraternité Saint Pie X possède depuis une trentaine d’années la chapelle Notre Dame du Bon Conseil, près de la barrière du Médoc.

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