Le curé de Libourne a été mis en examen jeudi pour détention d’image pédopornographique et placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté pour viol sur mineur, a-t-on appris vendredi auprès du parquet et de l’archevêché, qui a pris des « mesures conservatoires ».
Benoit Roze, âgé de 40 ans, a été placé en garde à vue jeudi, avant d’être présenté à un juge d’instruction. Il a été mis en examen pour « acquisition et détention d’image d’un mineur présentant un caractère pornographique ».
Selon une source proche de l’enquête, le mis en cause fréquentait des sites de rencontres homosexuelles où il disait à ses interlocuteurs rechercher des images pédopornographiques. En garde à vue, il a seulement reconnu avoir été le destinataire d’une image.
Ce prêtre, en contact régulier avec de jeunes fidèles, a aussi eu des « échanges extrêmement préoccupants » sur ces sites, en évoquant des faits de viol commis sur mineur, mais il a assuré devant les enquêteurs qu’il s’agissait de « fantasmes », ce que l’enquête devra établir.
« Mi-décembre, un prêtre du diocèse exerçant à Libourne est venu me voir pour me faire part d’un usage répréhensible d’internet », a réagi vendredi dans un communiqué Jean-Paul James, archevêque de Bordeaux, expliquant avoir effectué un signalement au parquet.
« J’ai aussitôt pris les mesures conservatoires à l’encontre de ce prêtre: éloignement de Libourne et interdiction d’être en contact avec des mineurs », a expliqué le prélat. « À ce jour, il n’y a, à ma connaissance, aucune plainte qui n’ait été adressée au diocèse de Bordeaux ou à la justice ».
Placé sous contrôle judiciaire, le prêtre fait l’objet d’une interdiction de paraître à Libourne, d’une obligation de soins, d’une interdiction d’exercer une activité en lien avec des mineurs et d’une interdiction d’accéder aux sites internet concernés, a précisé le parquet, rappelant que le quadragénaire « demeure présumé innocent à ce stade de la procédure ».
Sur son profil Facebook, le maire de Libourne, « salue la lucidité et la responsabilité de l’Archevêque de Bordeaux ». Selon Philippe Buisson, « en signalant immédiatement au parquet de Libourne des faits susceptibles de constituer des infractions à caractère pédo-pornographiques impliquant l’un de ses curés, il rompt clairement avec l’omerta qui a trop longtemps gangréné l’église catholique sur ces sujets ».

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