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Alain Juppé : « La maîtrise des flux migratoires n’a jamais été aussi inefficace »

Le maire de Bordeaux est inquiet. Le résultat du premier tour des élections cantonales à Brignoles a fait l’effet d’une bombe dans le milieu politique, et particulièrement dans une UMP en proie à de graves divisions, quant à sa stratégie envers le Front national.

L’ancien ministre des Affaires étrangères craint pour la « survie de l’UMP » prise entre son aile gauche (centristes) et son aile droite (Front national). « D’un côté, nous perdons sur le flanc centriste qui s’efforce de reconstituer l’ancienne UDF. De l’autre, en nous précipitant dans le piège de nos relations avec le Front National, nous décomplexons notre propre électorat qui cède de plus en plus aisément à la tentation de préférer l’original à la copie », estime-t-il dans un billet posté sur son blog.

Alain Juppé en profite également pour étriller le gouvernement socialiste : « cacophonie ministérielle », « record d’impopularité », « cafouillages répétés sur la fiscalité », « insécurité grandissante »… sans oublier de viser le ministre de l’intérieur, Manuel Valls : « les résultats ne sont pas au rendez-vous et la maîtrise des flux migratoires n’a jamais été aussi inefficace ».

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2021, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [www.infos-bordeaux.fr].

9 réactions

  1. Pingback: Alain Juppé :

  2. il est étonnant qu’un homme aussi averti des problèmes découvre seulement maintenant que l’on ne peut ignorer le vote de millions de Français qui sont normaux et qui ne veulent pas une France Islamiste, où l’insécurité est grandissante parce que l’on ne punit pas les coupables ou on les relâche sans aucun suivi, où l’on ignore les victimes.
    Quand la droite était au gouvernement qu’a-t-elle fait? si ce n’est peu ou prou la même politique qu’aujourd’hui. Je pourrai continuer mais cela ne changera rien: on a la droite la plus bête du monde

  3. Il faudra bien un jour poser la question : quelle part un homme politique aussi intelligent – mais aussi peu charismatique…- qu’Alain Juppé a-t-il dans la décrépitude de l’UMP qui, sur pratiquement tous les sujets qui préoccupent les Français (famille et éducation, santé et protection sociale, travail et emploi, impôts et services publics, immigration et islam, sécurité, corruption et violence, Europe…), n’a plus aucun discours audible et crédible après les 12 ans d’anesthésie générale de Chirac et les 5 ans d’hystérie managériale de Sarkozy ? Les années gâchées de la droite…

    La France en 2013 est à peu près en aussi bon état que l’était le Royaume-Uni sous gouvernement travailliste quand Mme Thatcher est arrivée à Downing Street…Je ne souhaite nullement à la France de subir un tel traitement de cheval mais on finira par y arriver si la droite qu’on appelle encore républicaine par habitude ne se ressaisit pas vigoureusement pour apporter les bonnes réponses aux questions que les électeurs, de plus en plus nombreux, ne cessent de poser en désertant le vote UMP ou en manifestant sur le pavé de Paris comme on l’a vu au printemps dernier pour défendre la famille contre la démentielle loi taubira : un texte qui restera l’emblème d’une période sombre de notre histoire que je résumerai d’un mot : l’affaissement.

    Je me contrefiche des “raffarinades” au centre et des rodomontades à droite de l’UMP ou dans l’UMP, du piège ou du non-piège du FN…Tout ça, c’est le régime des partis, qui ne représente presque plus rien comme à la fin de la 4ème république.

    Je recherche homme ou femme d’Etat capable de s’extraire de ce marais et de ce marasme, de sortir la France de cet état de démocratie populaire médiocre, poussive, idéologique et mortifère où le pouvoir socialiste, qui trouve encore le moyen d’être satisfait de lui-même,l’a plongée…De bousculer tous ces appareils pour reformuler ce que doit être le bien public. De s’appuyer sur le peuple contre les élites qui se servent. De remettre à leur juste place des médias qui prétendent faire la loi. S’il n’est pas trop tard…

    Un mot encore: ce n’est pas du populisme, mais du gaullisme. Mais Alain Juppé sait-il encore ce que cela signifie ?

    • Je tombe sur une réflexion intéressante du subtil Alain Slama.

      1. Remise en cause brouillonne par Sarkozy des fondements culturels de la droite. De nature à couper toute envie d’un “Sarkozy II” ?

      2. Surexposition par les médias et le PS de l’extrémisme à droite qui est en fait marginal : ce qui est dangereux, c’est l’impuissance de la droite (en fait : l’UMP) à apporter une réponse cohérente aux angoisses des classes moyennes sur l’avenir.

      3. AG Slama soutient lui aussi l’idée qu’il faut à la droite un “leader” capable d’asseoir la cohésion de sa principale formation, l’UMP, sur un projet dans lequel le pays de Descartes puisse se reconnaître.

      4. Contrairement à une idée reçue, les trois droites (légitimiste, orléaniste et bonapartiste) ne correspondent plus à trois familles distinctes et retranchées dans leur camp mais à trois ASPIRATIONS CONCOMITANTES à l’intérieur de la conscience de chaque citoyen de droite :

      – respect des institutions et système électoral bipolaire qui oblige à gouverne au centre (je préfèrerais dire : avec tempérance, le contraire de l’hystérie de Sarkozy) ;

      – le primat attaché à liberté, à la laïcité et à la distinction entre l’espace public et la sphère privée et au principe de l’égalité devant le droit;

      – l’attachement à la souveraineté et à l’unité de la nation autour de l’Etat, nullement inconciliable avec la construction européenne.

      Bref, il faut une “réformation” qui exige un “retour aux fondamentaux”, selon AG Slama.

      Bien vu me semble-t-il sauf sur un point passé sous silence : la critique de la dérive libertaire qui, sur de nombreux aspects, subvertit les fondamentaux ( liberté, égalité et fraternité). L’UMP reste largement empêtrée dans le même filet idéologique tendu par la gauche sur le pays…et Alain Juppé n’y fait pas exception comme l’a montré son suivisme sur la loi taubira.

      Difficile cocktail à trouver pour 2017 : de l’AUDACE programmatique pour oser remettre la politique sur de bonnes bases, tout en fédérant les sensibilité de la droite et du centre, mais tout en affichant de la MAITRISE dans l’art de gouverner (ce dont Sarkozy, qui n’a pas réussi à se poser en premier magistrat du pays, n’a pas su faire preuve)…

  4. Peut être croit-il que la droit à mieux fait quand elle était au pouvoir ?

  5. Juppé est comme Jean Lassalle, l’ébahi du Béarn qui s’est pris des gnons à Marseille, après trente ans d’occupations politiques y compris au plus haut niveau, il découvre soudainement que les flux migratoires ne sont pas maîtrisés etc…
    Du foutage de gueule bien politicard en somme.

    • Désolé mais Lassalle, qui est un homme très sympathique, et Juppé ne jouent pas vraiment dans la même catégorie…

      Ce qui ne va pas dans le discours de Juppé, c’est qu’il n’assume pas, en réalité, la continuité d’une politique migratoire (de droite ou de gauche) en fait beaucoup plus forte qu’on ne veut bien le dire, et un problème lancinant qui est le regroupement familial. Ni la gauche ni la droite n’ont vraiment réfléchi aux enjeux de cette immigration-là qui bénéficie d’un droit européen (convention européenne des droits de l’homme) primant sur toute loi interne quelle que soit la majorité au pouvoir à Paris.

      L’apparition des “secondes générations d’immigrés” et l’essor des banlieues de l’islam (G. Kepel, 1987) sont concomitants.

      Donc, gauche et droite se refilent la patate chaude et le FN tire les marrons du feu…pendant que les immigrés devenus français font office de punching ball(droite dite décomplexée, mais en fait amnésique) ou de réserve électorale (PS).

      La droite s’est contentée d’effets de tribune (Pasqua en son temps, Sarko, Morano etc…).

      Sur cette question, Juppé se pose une fois de plus en censeur alors qu’il est co-responsable du bilan. Ce n’est pas le signe d’un vrai renouvellement programmatique mais juste un “jingle” électoral…

  6. Après Brignoles : “la maîtrise des flux électoraux n’a jamais été aussi incertaine…”

    Pour gagner les élections et pas seulement les sondages, il va falloir faire plus que de l’écologie pour bobos, que de flatter le lobby LGBT et que d’annoncer qu’on votera socialiste plutôt que FN au nom du front républicain (NKM) parce que le FN pose peut-être les bonnes questions mais n’apporte pas les bonnes réponses (Copé).

    Il va falloir s’occuper de trouver les bonnes réponses qu’attendent les Français…

    Le pire “piège” de l’UMP, dans cette perspective, pourrait bien être l’UMP elle-même…

    • Voici ce qui se passe à Marseille,le clientélisme mafieux !!
      Des caïds tiennent aussi les bureaux de vote

      Saïd Ahamada Créateur du collectif Avenir-Marseille-Egalité (Ame)
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      Justice|
      Faits divers

      Photo D.M.

      Photo D.M.

      Ce quadragénaire d’origine comorienne prépare l’ENA et a grandi dans les quartiers nord. Il est à l’origine de la création du collectif Avenir-Marseille-Egalité (Ame), qui veut redonner la parole aux Marseillais.

      Quel regard portez-vous sur la situation actuelle à Marseille ?

      La ville est clairement séparée en deux. Les habitants des quartiers nord, ne serait-ce que par l’incurie des transports en commun, ressentent un fort sentiment d’enclavement. Aujourd’hui, Marseille est constitué de ghettos. Les pauvres au nord, les moins pauvres et les riches au sud. Je suis convaincu que tout cela satisfait les hommes politiques. Et que les grandes déclarations des uns et des autres sur la lutte contre le trafic de stupéfiants dans les cités sont des leurres. En réalité, je ne crois pas en la volonté de l’Etat d’éradiquer les trafics. Je pense que les autorités anticipent sur le fait qu’en cas de destruction des réseaux de stupéfiants, la délinquance pourrait se reporter sur d’autres activités criminelles (l’enlèvement, par exemple, comme en Amérique latine) visant les couches plus élevées de la société. Personne ne naît dealer. Il y a quelque chose que la France a raté. Un père de famille peut-il dire à ses enfants aujourd’hui : « Travaille et la France va t’intégrer » ? Non. Dans les quartiers nord, tout le monde lui rirait au nez. Parce que la réalité n’est pas celle-là.

      Faut-il révolutionner la politique marseillaise ?

      Le clientélisme, plus qu’ailleurs, c’est la plaie de cette ville. Exemple : des associations tenues par des dealers notoires sont subventionnées par des fonds publics. En échange, les caïds de quartier tiennent les bureaux de vote ! J’ai vu, de mes yeux, des types à la solde des dealers des quartiers nord, interdire aux gens de fermer le rideau de l’isoloir ou exiger qu’ils ne prennent qu’un seul bulletin. Et les mêmes truands occupent ensuite des fonctions au conseil général ! Pour en finir avec tout cela, il faut en finir avec les ghettos et avec le clientélisme.

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