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Bordeaux : Quelles sont les rues touchées par l’extinction de l’éclairage public ?

La mairie de Bordeaux l’avait annoncé : « Dès le 2 janvier, la Ville éteint 57% de son éclairage public entre 1h et 5h du matin ».

Seuls l’hypercentre et les grands axes restent éclairés. Les quartiers dits « sensibles », c’est-à-dire concentrant une part importante des populations à risque (Saint-Michel, Mériadeck, Belcier, la Benauge et le Grand-Parc) disposeront toujours de l’éclairage public. A contrario, Caudéran, les Chartrons, Fondaudège, Bacalan, la Bastide et Saint-Seurin seront plongés dans le noir durant toute une partie de la nuit.

Dans un communiqué de presse, le maire, Pierre Hurmic, justifie cette décision : « En réponse à la crise énergétique et la crise climatique, la Ville accélère son plan de sobriété et limite sa consommation d’énergie pour maintenir l’accès à toutes et tous au service public. Une initiative qui répond également à la stratégie nationale de lutte contre la pollution lumineuse. Pour Bordeaux, ce sera donc une économie de plus que 3,4 GWh/an, soit 20% de la consommation annuelle actuelle (…) Dans le cadre du plan de sobriété, cette extinction fait économiser une ressource qui se fait rare et permet de revenir à des besoins essentiels tout en préservant la tranquillité des habitants. Elle permet également de respecter les rythmes biologiques et la préservation de la biodiversité ».

Sur les réseaux sociaux, de nombreux bordelais mettent en avant les conséquences sur la sécurité, notamment des femmes, dont nombre d’entre elles n’oseront plus sortir seules dans des rues plongées dans le noir.

« Si 80% des cambriolages ont lieu la nuit, aucun accroissement de l’insécurité ni de dégradation de la sécurité dans les secteurs éteints par rapport à ceux maintenus allumés n’ont été à ce jour constatés dans les villes qui s’éteignent », a répondu la mairie sur son site Internet.

Pour les syndicats de police, la réponse est très claire. « La décision d’éteindre l’éclairage public ne va pas dans le bon sens », estime Cyril Leteuil, secrétaire zonal Synergie officiers pour la Nouvelle-Aquitaine. « Cela concourt au sentiment d’insécurité. La nuit, on avance masqué et cela peut être facilitateur pour les délinquants. L’éclairage public a ses vertus ». »

Éric Marrocq, secrétaire régional du syndicat Alliance, fait le même constat dans le journal Sud-Ouest :  « On économise de l’énergie mais on fait progresser la délinquance. On le constate à Pessac, les cambriolages ont progressé, comme à Mérignac. On essaye de se rassurer mais, la nuit, tous les chats sont gris. Quand on est dans le noir, c’est beaucoup plus compliqué de surveiller la tranquillité des personnes et la protection de leurs biens. L’obscurité est un terrain favorable pour les délinquants. Cela va du vol à la roulotte aux agressions physiques, en passant par les cambriolages. En étant dans le noir, on sort du périmètre du champ des caméras de vidéoprotection quand il y en a. Cela donne un temps d’avance aux délinquants ».

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2021, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [www.infos-bordeaux.fr].

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