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Bordeaux : La proximité surprenante de la préfecture et de la Licra

Depuis de nombreux mois, la préfecture de Bordeaux entretient des relations très privilégiées avec une association dont le nombre de ses membres est inversement proportionnel à son influence : La Licra. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme a été fondée en 1927 par le journaliste Bernard Lecache, proche des milieux d’extrême-gauche. Largement financée par les pouvoirs publics, l’association est dirigée à Bordeaux par Caroline Daigueperse-Vaultier.

Preuve de l’influence de la section locale, la convention nationale s’est tenue dans la capitale girondine en avril dernier, avec le soutien de tous les institutionnels de la région : Préfecture de la Gironde, le Conseil Régional d’Aquitaine, le Conseil Général de la Gironde, la Communauté Urbaine de Bordeaux, la Mairie de Bordeaux, la Mairie de Mérignac…L’annonce de la convention est même disponible sur le site internet de la préfecture par le biais d’un document de 18 pages (a noter que la conférence de presse a eu lieu directement à la préfecture !). Si la proximité affichée de l’ancien préfet (Dominique Schmitt) était connue de tous, le nouveau représentant de l’Etat n’est pas en reste.

A peine arrivé en Gironde, Patrick Stefanini, (ancien directeur de cabinet d’Alain Juppé au RPR, et condamné avec le maire de Bordeaux en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris) fait inscrire dans son agenda officiel (photo dessus) sa participation au « verre de l’amitié » qui suit l’assemblée générale de la Licra Bordelaise. (Nos lecteurs aimeraient connaître la liste des associations où le représentant de l’Etat s’affiche dans un conseil d’administration, et à quel titre ! ).

La droite (et la gauche également) a toujours entretenue de bonnes relations avec cette organisation. L’ancien président, Patrick Gaubert, a d’ailleurs eu de nombreuses responsabilités politiques au sein du RPR, puis de l’UMP. En octobre 1995, lorsque, à la faveur du remaniement gouvernemental, Corinne Lepage change de directeur de cabinet, Patrick Stefanini, alors directeur adjoint du cabinet d’Alain Juppé (lui-même membre d’honneur de la Licra), lui recommande vivement un certain Dov Zérah (membre influent de la Licra). L’avocat d’Alain Juppé, lors du procès des emplois fictifs, fut maître Francis Szpiner (qui dirige actuellement la Commission Juridique de la LICRA !)….

Forte de ses nombreux soutiens, la Licra a multiplié ces dernières années les actions médiatiques. Celle qui avait fait coulé le plus d’encre, concernait un partenariat avec la gendarmerie pour « lutter contre les discriminations ». Une histoire de cœur était à l’origine de l’accouplement entre la Licra et la gendarmerie. En effet, le général de division Denis Vaultier, commandant de la région de gendarmerie Aquitaine de l’époque, n’est autre que le mari de Maître Caroline Daigueperse-Vaultier !

En Avril 2011, la lettre d’actualité de la préfecture de Gironde fait un point sur ses relations avec la Licra. « l’Etat partage pleinement les valeurs pour lesquelles la LICRA se bat sans relâche, à savoir : la liberté, l’égalité, la fraternité et l’attachement à la laïcité ». « En Gironde, une centaine d’entreprises et structures ont depuis 4 ans effectué une démarche citoyenne de progrès (?) : elles ont signé la charte de la diversité. Ce signe fort d’engagement constitue une étape essentielle de prise de conscience en faveur du pluralisme dans l’entreprise et de la diversité au cœur de la gestion des ressources humaines ». La préfecture considère donc la Licra comme le bras armé de sa politique de diversité au sein de la société française.

Cette proximité fait l’objet de nombreuses interrogations sur Bordeaux, un certain nombre de personnes regrettant ce manque de neutralité de l’Etat. A mots couverts, de nombreux élus du département partagent la position du célèbre polémiste Eric Zemmour, qui demandait en mars dernier la suppression des subventions publiques pour ce type d’association.

L’ancien préfet Dominique Schmitt entouré de Caroline Daigueperse-Vaultier et d’Alain Jakubowicz

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2021, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [www.infos-bordeaux.fr].

1 réaction

  1. La LICRA, si j’en crois son nom, lutte contre le racisme, ET l’antisémitisme. Elle lutte donc contre le racisme et défend UNE religion parmi les autres. Comme disait Coluche, certains sont “plus égaux que les autres”. Faudra m’expliquer ça, un jour.
    C’est avec de tels favoritismes que l’on entretien les différences. Cette association aurait pu s’appeler LICRASACAI (… Contre l’AntiSémitisme, l’AntiChristianisme et l’AntiIslamisme) afin d’affirmer que tous les hommes sont égaux en droits…
    Mais non, là certains sont “égaux”, et pas les autres. Erreur, grossière erreur de stratégie qui, finalement, continue à stigmatiser les différences.

    Quand aux collusions discrètes et manœuvrières, on y est habitué. Mais là encore, c’est Internet qui va ouvrir les yeux du public, car ce genre de bidouille ne peut plus rester secret.

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