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Alain Juppé veut-il faire perdre Nicolas Sarközy ?

Ce n’est un secret pour personne, le maire de Bordeaux est hostile au positionnement du président de la République. Hostile à la place prise par le conseiller Patrick Buisson, hostile à la campagne de droite menée depuis plusieurs semaines, et enfin hostile à la main tendue aux électeurs de Marine Le Pen.

Dernier exemple en date sur RTL, Alain Juppé, qui se prépare à la défaite de son camp, déclarait « si Nicolas Sarkozy perdait, nous serions un certain nombre à tout faire pour que l’UMP garde sa cohésion », provoquant la fureur de ce dernier : « il ferait mieux de se concentrer sur le second tour, on est exactement dans ce qui n’intéresse nullement les Français ». Conformément à ses convictions proches du centre-gauche, le ministre des affaires étrangères avait déjà provoqué une polémique interne en suggérant il y a quelques jours, lors d’un entretien au Figaro Magazine, la nomination de François Bayrou au poste de premier ministre !

Pour les conseillers de l’UMP, la réserve de voix est à droite. Il faut donc notamment tenir un discours ferme (à défaut d’actes) sur l’immigration, les valeurs et le protectionnisme. Ces valeurs révulsent pourtant Alain Juppé, qui avait déjà fortement critiqué le débat sur l’identité nationale. Lors du premier tour, Bruno Dive, journaliste au Sud-Ouest, rapportait qu’au siège du PS, « tous les leaders de l’UMP sont hués quand ils parlent à la télé. Sauf Juppé, écouté dans un silence respectueux » !

Alain Juppé avait lui-même confirmé se sentir plus proche du Parti socialiste que du Front national. En mars dernier, lors du second tour des élections cantonales, le maire de Bordeaux appelait à voter pour le candidat de gauche dans les duels avec le Fn : « le Front national ne doit bénéficier d’aucune de nos voix ».

« Le meilleur d’entre nous », faute d’avoir un sens politique aigu, (un positionnement de Nicolas Sarközy sur une ligne centriste l’aurait à coup sûr éliminé du premier tour) risque pourtant de connaitre une fin de carrière proche. Ses jours au ministère des affaires étrangères sont comptés, et dans une ville où la gauche est maintenant majoritaire, sa reconquête du poste de député au mois de Mai, ainsi que les municipales de 2014, risquent de sonner le glas de sa carrière.

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2021, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [http://infos-bordeaux.fr].

8 réactions

  1. Le bilan positif de tout cela, est que la dé-diabolisation du Front national est en ce moment en mode accélérée !

  2. chantal johnson jorda

    je reconnais Alain Juppé enfin dans sa prise de position, ne pas oublier que l’UMP est son bébé que lui a kidnappé Sarko en son temps! on ne dicte pas à notre maire ce qu’il doit dire ou faire et notre président ne supporte pas que l’on prenne des décisions à sa place! sacré duel!

  3. Quand on mène une politique de gauche, il ne faut pas s’étonner de se voir supplanter par la gauche elle-même.

    Pour les municipales, il manque à votre article une seule précision : un homme de gauche avec un peu de charisme sera seul capable de battre Monsieur Juppé.

    Pour l’instant cet homme (ou femme) n’existe pas en Gironde…

    • C’est exactement ce à quoi j’étais en train de penser. le jour où le PS arrêtera de présenter des bras cassés (type Delaunay), Bordeaux s’offrira à eux !

  4. Juppé, ou l’un de ces nombreux soit-disant gaullistes tombés dans la grande marmite du clientélisme. A lire absolument cet article de “Valeurs actuelles” intitulé “Immigration : quand la droite était très à droite”. Un extrait pour rigoler :
    ” Le regroupement familial, [qui] pose par son ampleur des problèmes très réels de logement, de scolarisation et d’encadrement so­cial. » Proposition alors « lar­gement ap­prouvée » par l’ensemble de la droite et du centre : « Corriger l’automaticité du regroupement familial et la réserver aux immigrés titulaires d’une carte de long sé­jour (10 ans) » – ce qui, là encore, n’est toujours pas le cas.”
    C’était… en 1990 !!!!
    Source : ttp://www.valeursactuelles.com/actualités/politique/immigration%E2%80%86-quand-droite-était-très-à-droite20110331.html

  5. Pardon, j’aurais dû copier/coller le début de l’article : ““Valeurs actuelles” a retrouvé les propositions chocs des états généraux de l’opposition RPR-UDF sur l’immigration. Pour la plupart “oubliées”.
    « La France ne peut plus être un pays d’immigration », elle « n’est pas en mesure d’accueillir de nouveaux immigrants »… Voilà, entre autres, ce à quoi s’engageaient la droite et le centre, en cas de retour au pouvoir, à l’occasion de ses “états généraux de l’opposition” (RPR et UDF, transformés en UMP) consacrés à l’immigration, des 31 mars et 1er avril 1990 à Villepinte.”

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