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Motu proprio : le Pape François rouvre un conflit sur la “messe en latin”

Le rite tridentin (ou forme extraordinaire de la messe) désigne, dans la religion catholique, la liturgie codifiée à la suite du concile de Trente et employée par la plus grande partie de l’Église latine jusqu’à la réforme liturgique opérée par Paul VI à la fin des années 1960, lors du concile Vatican II.

Malgré les réformes du Concile et l’introduction de la « nouvelle messe », de nombreux catholiques, particulièrement en France, continuent d’assister à cette messe, dite en latin, où le prêtre est tourné vers Dieu, et qui attire depuis de nombreuses années une assistance jeune, avec des familles en quête de sacré et de verticalité.

Afin de pacifier les relations entre catholiques, le Pape Benoît XVI, en juillet 2007, donna la possibilité, à tous les prêtres qui le souhaitaient, de célébrer la messe selon l’ancien missel de 1962, grâce au motu proprio « Summorum Pontificum ».

Mais comme sur beaucoup de sujet, le Pape François (photo) est aux antipodes de son prédécesseur. Il est particulièrement hostile au courant traditionaliste de l’Eglise, n’hésitant pas à affaiblir et diviser les Frères franciscains de l’Immaculée ou encore limitant la célébration de la forme extraordinaire du rite romain dans la basilique Saint-Pierre du Vatican.

Dans un nouveau motu proprio « Traditionis Custodes » publié le 16 juillet, le pape François attaque donc de front le rite extraordinaire, et restreint drastiquement l’usage de la messe tridentine. Les évêques des diocèses auront désormais la compétence exclusive d’autoriser les messes traditionnelles, en déterminant l’église et les jours de célébration. L’évêque devra en outre veiller à ce que ces groupes « n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des écrits du Concile Vatican II et du magistère pontifical ». Un célébrant, délégué par l’évêque, sera même chargé de vérifier l’opportunité de maintenir la messe selon l’ancien missel dans son diocèse. En outre, selon le décret publié vendredi, l’évêque « veillera à ne pas autoriser la création de nouveaux groupes » souhaitant célébrer des messes d’avant le Concile Vatican II. Enfin, « les messes suivant l’ancien rite ne seront plus dites dans les églises paroissiales ».

Alors que l’Eglise catholique possède plus de vingt rites différents, le Pape François s’attaque uniquement au rite dit « extraordinaire ». Dans une lettre envoyée à tous les évêques, celui-ci précise : « prendre la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures à ce Motu Proprio, et de conserver les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, comme la seule expression de la lex orandi du rite romain », souhaitant ainsi « rétablir l’unité dans toute l’Église de rite romain ».

« Les indications sur la marche à suivre dans les diocèses sont principalement dictées par deux principes : d’une part, pourvoir au bien de ceux qui sont enracinés dans la forme de célébration précédente et ont besoin de temps pour revenir au Rite romain promulgué par les saints Paul VI et Jean-Paul II ; d’autre part, interrompre l’érection de nouvelles paroisses personnelles, liées plus au désir et à la volonté des prêtres individuels qu’au besoin réel du « saint peuple fidèle de Dieu ».

Si ces nouvelles normes risquent de créer de fortes tensions dans certains diocèses, cela ne devrait pas être le cas en Gironde.

En effet, dans un communiqué de presse publié le 18 juillet, l’évêque de Bordeaux, Mgr Jean-Paul James, joue l’apaisement : « Sachant les inquiétudes que suscite le motu proprio chez certains d’entre vous, je veux exprimer mon désir de poursuivre un dialogue que mes prédécesseurs ont initié avec tous ceux d’entre vous qui cherchaient à œuvrer pour l’unité de l’Église et la paix entre catholiques. Je compte rencontrer les Supérieurs des instituts qui ont reçu mission de célébrer cette messe selon le missel de 1962 dans le diocèse, après les vacances. Je prendrai contact avec eux pour que nous cherchions ensemble comment accueillir, comprendre et mettre en œuvre ce motu proprio du Saint Père. Les conseils diocésains, en particulier le conseil presbytéral, seront aussi consultés afin que la communion de notre Église diocésaine puisse perdurer dans la diversité des sensibilités liturgiques et ecclésiales. Vous redisant mon désir de poursuivre les rencontres que j’ai pu avoir, cette année, à l’occasion, par exemple, des confirmations célébrées à Saint-Bruno et à Saint-Éloi de Bordeaux, je confie à Notre-Dame d’Aquitaine vos personnes, vos familles, et les prêtres exerçant un ministère dans vos communautés ».

[cc] Infos Bordeaux, 2010-2021, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d´origine [www.infos-bordeaux.fr].

3 réactions

  1. En une semaine, je suis devenue citoyenne et catholique de seconde zone !!!

  2. A lire absolument la tribune de Michel Onfray dans le Figaro «La messe en latin, un patrimoine liturgique» : https://www.lefigaro.fr/vox/societe/michel-onfray-la-messe-en-latin-un-patrimoine-liturgique-20210718

  3. Rien d’étonnant, avec un Pape plus proche des islamo-gauchistes que des chrétiens d’Orient… Souhaitons que monseigneur Jammes trouve un concensus acceptable à Bordeaux.

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